mercoledì, 21 febbraio 2007

Scappiamo. Scappiamo adesso e non voltiamoci più indietro. Ti prego ti prego mettiamoci a correre o infiliamoci sul primo mezzo e non torniamo più. Col sole o sotto la pioggia. Via di qui. Scappiamo. Non ha senso rimanere qua, con mille angoscie e tormenti. Voliamo via e scrolliamoci di dosso tutte le preoccupazioni, andiamo via, via, in alto, nel cielo, nel blu, per sempre.
Perchè il cielo è azzurro e c'è il sole, le nuvole sono candide e estese, il vento se le porta via. Scappiamo via, ti prego, ti prego andiamocene. Non voglio rimanere qui, perchè so già che mi impegnerò in tremila cose e non ne farò bene nessuna. Sudo e sono attraversata da brividi di freddo, ma se scappassimo via, forse...

CoseSintetiche | 13:29 | link | commenti
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martedì, 13 febbraio 2007

Dumbo è morto.

ahi.

venerdì, 02 febbraio 2007

Perchè hai disciolto i tuoi lunghi capelli?

Ophélie

 

I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois de lointains hallalis...

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir :
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux :
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or...

 

II

Ô pale Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
- C'est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers, comme un immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit, muet, à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Un infini terrible égara ton oeil bleu !...

 

III

- Et le poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

 

 15 mai 1870
Arthur Rimbaud.